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Aggressor FleetAUTEURS: MICHEL GILBERT & DANIELLE ALARY REVUE: En Profondeur EDITION: Hiver 2005 TITRE: DATE: 05-09-22 CODE: EPCayman Nos collaborateurs remercient: - Aggressor Fleet - Office du tourisme des îles Cayman Il y a un an, l'ouragan Ivan dévastait les îles Cayman, Michel Gilbert et Danielle Alary font aujourd'hui le bilan et nous livrent leurs impressions sur l'état des récifs de cette destination très prisée. Dix mille voitures détruites, des milliers d'habitations dévastées, des mètres de sable qui bloquent les routes, certains citoyens privés d'électricité pendant trois mois, interdiction d'accès aux touristes pendant des semaines; voilà à quoi ressemblait l'état de la situation aux îles Cayman à l'automne 2004. Onze mois après que la furie de l'ouragan Ivan se soit abattue sur l'archipel, nous entamons une visite de 3 semaines qui nous conduira sur et autour des trois îles de ce territoire britannique. Une récupération remarquable Le Boeing 737-300 de Cayman Airways décrit une boucle au dessus de Grand Cayman. Bien que l'on aperçoive les traces d'Ivan, rien ne laisse supposer que cette île d'une superficie comparable à celle de l'île d'Orléans ( ± 200 km2 ) était presque complètement submergée le 12 septembre 2004. 80% des bâtiments ont subi d'importants dommages et l'île a été fermée aux touristes pendant des semaines. En quittant l'aérogare, première surprise: la végétation a repris ses droit. Les tons de vert ont remplacé l'ocre et la grisaille. On voit ça et là des arbres couchés les vents dépassant 180 km/h qui ont balayé l'île pendant des heures. Même si de nombreux édifices restent à reconstruire la vie a repris son cours normal. En août 2005 la capacité d’accueil atteignait 60% de celle disponible avant l’ouragan. L'essentiel des restaurants et des boutiques hors-taxe font d’excellentes affaires. Un archipel – trois îles Il nous aura fallu six séjours dans l'archipel avant de réaliser un voeux: visiter les trois îles dans un même voyage. Earl B. Smith, notre ami de toujours du bureau de tourisme a pris cette fois la peine de préparer un itinéraire qui nous a conduit, sur une semaine, aux quatre (plutôt trois…) coins du territoire. Flashback: 1984, Grand Cayman respire la tranquillité. L’aérogare, construite de simples planches ressemble à un entrepôt. Quatre ans plus tard, un vaste bâtiment moderne et climatisé accueille les visiteurs. En août dernier, le journal local annonçait un programme de 100 millions de dollars visant l’agrandissement et la modernisation de l’infrastructure aéroportuaire. Le Grand Cayman du XXIième siècle fourmille d’activité. La vigueur de l’industrie financière, l’incessante construction de nouveaux complexes de villégiature et la fréquentation hebdomadaire des grands paquebots (certains jours on en compte jusqu’à six en rade de Georgetown !) témoignent du dynamisme de l’île. Cette popularité engendre toutefois des embouteillages et gomme l’image de quiétude qui hante nos mémoires. Les musts de Grand Cayman Grand Cayman compte ses incontournables : 7-mile beach - certes la plus belle plage de l’archipel- les boutiques hors-taxe, la visite du hameau de Hell - envoyer une carte postale oblitérée de l’enfer a son charme – les « blowholes » ces ouvertures dans les récifs affleurants d’où jaillissent des trombes d’eau, le musée national où l’on revit l’histoire et la préhistoire des îles, sans oublier Pedro St-James, un manoir transformé en musée, c’est le berceau de la démocratie aux îles Cayman. D’autres classiques incluent Turtle Farm (voir encadré), le Cayman Maritime Heritage Trail qui regroupe des sentiers et des sites répartis sur les trois îles. En parcourant les divers emplacements, le visiteur s’immerge à la fois dans l’histoire mais aussi dans l’environnement naturel. La visite du musée national situé à Georgetown s'impose également. Une des plus récentes attractions de l’île : une ferme de papillons! (voir encadré) Signalons enfin, même pour les plongeurs aguerris, l’intérêt d’une excursion dans le sous-marin de 48 places exploité par la société Atlantis. Une plongée a -35m donne une toute autre dimension au tombant. Et si votre portefeuille vous le permet, on peut même vous amener à plus de -300m… de quoi rendre jaloux les amateurs de plongée technique ! Les musts de Cayman Brac Cayman Brac est la seconde île en importance de l’archipel avec une superficie d'environ 30 km2. Petits commerces, restaurants typiques, trois ensembles de condominiums et trois hôtels… bref, le Grand Cayman d’il y a 40 ans. Cette île, tout comme sa petite sœur, Little Cayman, a subi relativement peu de dommages lors de l’ouragan Ivan. Des quais ont été emportés… et reconstruits ! Cayman Brac s'élève jusqu'à 144 pieds (44 mètres) au dessus du niveau de la mer. La falaise du Bluff ressemble à la proue d'un navire qui pointerait franc Est. On y embrasse un panorama grandiose alors que les vagues se fracassent au pied de l’escarpement – tranquillité assurée. Certaines des nombreuses cavernes servent d’abris lors des cyclones. 35 sentiers aménagés tout autour de l’île permettent d’observer oiseaux, iguanes et autres flores à loisir. M. T.J. Sevik, un natif de Cayman Brac passionné de nature guide les voyageurs désireux de découvrir les petits secrets du « Brac ». Pour les amateurs de fossiles un conseil : demandez à T.J. d’organiser une petite visite de la carrière locale. C’est l’occasion rêvée de rapporter des fossiles marins tropicaux datant de plusieurs dizaines de milliers d’années… et c’est gratuit ! Les musts de Little Cayman Pour ceux qui ne peuvent supporter le stress de la vie à Cayman Brac… Little Cayman constitue le parfait refuge. Moins de 1 200 habitants répartis sur environ 25 km2; on compte davantage d’iguanes que d’êtres humains sur cette île ! Le Twin-Otter se pose sur une piste en terre battue. L'aérogare compte deux pièces de la taille d'une petite chambre! On récupère la voiture de location – un 4 X 4 qui a sans doute fait la première guerre du Golfe – chez McLaughlin Rentals, juste à côté de McLaughlin Properties, qui voisine le Iguana Crossings Boutique et le Iguana Liquor Store, tous propriétés de M. McLaughlin… bien sûr ! Inutile d’exiger une carte routière ou de verrouiller les portières, la seule route fait le tour de l'île et un embranchement la sépare en deux. Plages désertes, petit musée, centre d’écologie marine et centre d’interprétation dédié aux oiseaux endémiques de ce paradis (20 000 fous aux pattes rouges et 350 frégates), voilà qui résume le portrait d’un endroit à préserver des ambitions des promoteurs en tout genres. Les Cayman à l’état pur… moustiques compris ! On se loge à la dure chez Sam McCoy, ou dans un luxe relatif au Little Cayman Beach Resort. En tout, une demi-douzaine d’établissements proposent hébergement, restauration et, bien sûr, la plongée. Notre coup de cœur: les centaines de bernard-l’hermite qui traversent la route en milieu d’après-midi pour passer d’un marais à l’autre. Imaginez Michel stoppant la voiture et parcourant une cinquantaine de mètres à pied, histoire de faire fuir les mollusques voyageurs… note du carnet de voyage : Les lecteurs d’En Profondeur ne croiront jamais à pareil embouteillage… dire qu’on fuit Montréal pour éviter les bouchons ! Ajoutons aussi les plages au sable farineux, l’endroit rêvé pour admirer une pleine lune d’hiver alors que les amis du Québec regardent le blizzard dans la buée des fenêtres de leur chaumière. Et la plongée alors ? Une quarantaine d’opérateurs proposent des forfaits-plongée à partir des divers établissements de l’archipel. Certains sont même spécialisés en plongée technique comme Dive-Tech. Les soussignés préfèrent toutefois la solution « liveaboard ». C’est d’ailleurs aux îles Cayman qu’un moniteur de plongée, Wayne Hasson, et Paul Haines, propriétaire de chantier naval de la Louisiane, ont redéfini le concept au milieu des années quatre-vingts. Le Cayman Aggressor a en effet établi de nouveaux standards en matière d’hébergement, de restauration et d’installations de plongée. Aujourd’hui, le Cayman Aggressor IV (CAIV) poursuit la tradition : Dix-huit passagers, cinq à six membres d’équipage, cabines et toilettes individuelles, télé/lecteur DVD dans chaque cabine, climatisation, ordinateur de traitement d’images à la disposition des passagers, prêt d’équipement gratuit en cas de défaillance, nitrox, recirculateur (« rebreather »), mets dignes des meilleurs restaurants, plongée illimitée… autant de facteurs qui, lorsque comparés à la combinaison hôtel/plongée l’emportent largement au point de vue économique et pratique. Il faut cependant sacrifier le « nightlife » et autres activités de villégiature, ce concept s'adresse aux accros de la plongée. Grand Cayman On l’a dit plus tôt, Grand Cayman a été frappée de plein fouet par Ivan et certains récifs en portent les stigmates, surtout ceux situés plus au sud. Par contre, il reste encore beaucoup à voir, surtout sur le côté Nord de l’île où les dommages sont inexistants. Tombants spectaculaires, raies et requins qui croisent à la limite des abysses, il y a là de quoi satisfaire les plus blasés. Parmi les sites dignes de mention citons: Babylon, un tombant qui débute à - 15m. Raies léopard, éponges géantes avec, à la clé, une visibilité à couper le souffle. Eagle Ray Pass, une crevasse dans le récif qui s'ouvre sur le grand bleu, l'endroit rêvé pour voir les espèces pélagiques. Une des attractions les plus populaires demeure « Stingray City », ce haut-fond où les pastenagues valsent avec les plongeurs. Conseil : évitez les journées où les paquebots jettent l’ancre et choisissez un opérateur qui vous amènera au bon endroit – les marées influencent grandement la visibilité – au bon moment – mieux vaut arriver tôt en journée alors que les raies ne sont pas gavées ! Photographes : inutile d’apporter un flash, en numérique une simple correction de la température de couleur ravivera les teintes filtrées par l’eau. Cayman Brac Au niveau plongée, Cayman Brac se situe à mi-chemin entre Grand Cayman et Little Cayman. Récifs en excellent état, faune relativement abondante, bref, c’est sans doute l’endroit idéal pour ceux qui cherchent davantage de tranquillité. Le CAIV pour sa part n’y passe qu’une demi-journée, histoire de nous faire visiter l’épave d’une frégate russe. Racheté de Cuba en 1997 et coulé un an plus tard par -25m, le bateau s'appelle désormais M/V Capt. Keith Tibbets. L’épave, que nous avions visitée pour la première fois en 1998 s’est depuis brisée en deux et couchée sur son flanc bâbord. Ouverte en son milieu, elle laisse voir les trois turbines qui propulsaient le vaisseau à plus de 40 nœuds. Little Cayman Little Cayman demeure le joyau de l'archipel. Après plus de vingt ans de plongée dans les caraïbes, les fonds marins qui entourent ce minuscule îlot nous apparaissent toujours comme une référence. Nous avons retrouvé avec joie une population de mérous dont le déclin a été stoppé par un moratoire sur la pêche. Mérous de Nassau, mérous-tigres et autres serranidés fournissent mille occasions de prises de vues. Comme on atteint le tombant à –6m, les plongées sont longues – en moyenne 75 minutes - et spectaculaires. Une excursion à 35m est toujours possible mais on trouve à peu près tous nos sujets de prédilection bien en deçà des 25m, profondeurs idéales pour les adeptes du Nitrox! À Three Fathom Wall, deux rencontres inoubliables: Tout d'abord un requin nourrice qui frôle Michel et se laisse saisir par la nageoire dorsale pour une courte balade. Puis, deux mérous enlacés dans une danse de reproduction attirent notre attention pendant que trois autres congénères attendent patiemment aux abords d'une station de nettoyage – heureusement la photo numérique nous permet 100 clichés par plongée! Sur la paroi, à -20m, les éponges atteignent presque 2m de hauteur avec un diamètre approchant les 1,5m. De temps en temps, un requin de récif s'approche, comme pour affirmer sa "juridiction" sur le territoire. À Bus Stop, c'est une tortue à bec d'oiseau (hawksbill) qui se laisse photographier pendant une quarantaine de minutes. Ignorant les éclairs de nos flashes elle déguste son repas, glané au gré des éponges et des formations coralliennes. ``a l'ombre du bateau, les caranx montent la garde sous l'œil inquisiteur d'un barracuda qui fait au moins 1,4m. Certains n'apprécient pas la curiosité de ce sphyrénidé. Hilarante scène que celle du colosse de Milwaukee, fier de plonger en bi-bloc mais très nerveux à l'approche de notre gardien favori! Sur le fonds de sable nous croquons d'inoubliables images inoubliables d'un blennie voilier (sailfin blennie). Hérissant sa "voile" – une nageoire dorsale surdimensionnée – il s'élance hors de son trou afin d'éloigner les intrus. Lea Lea's Lookout, un tombant qui débute à -10m, abrite perroquets, hamlets et autres poissons-écureuils en abondance. Dans la zone des -15m un deux raies-léopard longent nonchalamment le mur de corail. À Marylin's Cut nous faisons une rencontre inusitée: un blennie-diamant lové entre les tentacules d'une anémone géante. Si l'association poisson-clown/anémone est bien connue, c'est la première fois que nous observons un tel phénomène dans les caraïbes. Notre blennie est totalement insensible aux cellules toxiques de l'anémone. Little Cayman accueille une faune marine qui, à défaut d'être unique, s'offre à nous dans des conditions de plongée idéales et avec une abondance qui satisfera les plus blasés. En résumé Il y a plus de vingt ans nous découvrions les îles Caymans pour la première fois. Si elles sont aujourd'hui plus populeuses et que l'on y trouve davantage de commerces en tous genres, la qualité de la plongée ne se dément pas. À vous de le découvrir. Sidebar: Fondée en 1968 aux fins d'exportation de la viande de tortues, Turtle Farm est depuis passée aux mains du Gouvernement des îles Caymans et a été transformée en un centre d'interprétation, de recherche et d'élevage. On consomme 60 % des spécimens et 40 % sont relâchés sur les côtes de l’archipel afin de repeupler les récifs. Les autorités construisent présentement un vaste complexe autour de cette attraction. Botswain Beach comprendra à terme la ferme d’élevage de tortue, un centre d’interprétation, un lagon d’observation, une volière, des ateliers d’artisanat où la culture et les produits des îles Caymans seront mis à l’honneur. L’ouragan Ivan a retardé la mise en place des infrastructures mais la construction va bon train. Butterfly Farm: Un Montréalais d’origine a déjà établi semblables établissements à St-Martin et Aruba. Vu de l'extérieur, le complexe ne paie pas de mine – on se relève encore des séquelles d'Ivan - des moustiquaires noirs entourent une enceinte d’environ 60 m2. Une fois à l’intérieur cependant la magie opère; dans un petit jardin où la flore indigène explose en mille couleurs, les petits lépidoptères folâtrent avec insouciance. Apportez de quoi prendre quelques centaines de photos! Géographie - Situation: 800km au Sud-Ouest de Miami - Superficie: totale 260 km carrés - Altitude maximale: 43m - Climat: sub-tropical, hiver 22C à 30C, été 29C à 32C - Précipitations annuelles: 1 168mm - Dimensions: Grand Cayman 35km X 13km, Cayman Brac 19km X 1,6km,Little Cayman 16km X 1,6km - Population: 42 000 habitants Statut politique - Territoire britannique outre-mer/régime parlementaire - Capitale: Georgetown (Grand Cayman) Économie - Services financiers, tourisme - Devise: dollar Cayman(CI) (Taux de change fixe 1$CI = 1,22 $ US ) Langue - Anglais Transport - Liaisons régulières à partir de Miami, Orlando, Tampa, Houston, Atlanta, Toronto, Chicago - Transporteur national: Cayman Airways Logement - Hôtels, complexes de condominiums, villas et auberges - Tarif minimal 50 $US/jour Activités - Sports nautiques: Plongée, pêche au gros, pêche sur les hauts-fonds, planche à voile, voile légère - Golf: The Links at Safehaven(par 71, 18 trous, 6605 verges), Britannia at Hyatt-Regency (9 trous réglementaire, 18 trous "exécutif") - Tennis, randonnée pédestre, cyclotourisme - Jardin botanique, musée national, galerie nationale - Boutiques hors-taxe Adresses utiles: - Bureau de tourisme des îles Caymans (http://www.caymanislands.ky/canada/intro.html) - Aggressor Fleet (www.aggessor.com) |